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La grande nacre de Méditerranée

La grande nacre de Méditerranée

La grande nacre au bord de l’extinction

Monaco se mobilise !

En 2016 une épizootie s’est déclarée sur les côtes espagnoles et s’est rapidement propagée sur le pourtour méditerranéen, décimant progressivement toutes les populations de grandes nacres. La Pinna nobilis, Chère à Nardo Vicente qui a préfacé le livre Plonger du Bord, la grande nacre est le plus grand coquillage de Méditerranée, dont elle est endémique. Elle a fait pendant des décennies la fierté de Monaco où elle prospérait aux portes de la ville. La réserve du Larvotto était un véritable laboratoire à ciel ouvert, au sein duquel l’Association Monégasque pour la Protection de la Nature (AMPN)conviait régulièrement les experts de ce bivalve pour en suivre le développement. Jusqu’à 600 individus ont été repérés, mesurés, suivis en 2015.En 2016 une épizootie s’est déclarée sur les côtes espagnoles et s’est rapidement propagée sur le pourtour méditerranéen, décimant progressivement toutes les populations de grandes nacres. La Principauté n’a pas été épargnée, l’épizootie frappant cette espèce dans les eaux monégasques à la fin de l’année 2018. Cette mortalité massive est attribuée à un parasite infectant les glandes digestives des grandes nacres. Celui-ci empêche l’individu de s’alimenter correctement, l’amenant à mourir de faim. L’épizootie a conduit l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature)à classer Pinna Nobilis en danger critique d’extinction.Mobilisation des institutions monégasques Attachées à ce patrimoine naturel, les institutions monégasques s’investissent pour favoriser le retour des grandes nacres, en mettant en place un plan d’action national ambitieux et en développant les collaborations scientifiques et techniques internationales pour répondre à un défi pour toute la Méditerranée.Le Centre Monégasque de Soins des Espèces Marines créé en 2019 par l’Institut océanographique au sein du Musée océanographique rejoint le Gouvernement princier et l’AMPN dans cette mobilisation collective.

Dès la fin d’année 2018, un suivi régulier de la situation épidémique est mis en place dans les eaux monégasques. Des plongées de prospection rassemblent largement la communauté des plongeurs pour tenter de trouver des nacres survivantes, malheureusement sans succès à ce jour.A l’automne2019, vient s’ajouter un projet expérimental visant à capturer des juvéniles de grandes nacres à Monaco à l’aide de pièges placés dans le courant. L’objectif est de capter des juvéniles émis par des nacres adultes qui n’auraient pas été repérées, pour tenter de les élever et de comprendre le cycle biologique des nacres, afin d’envisager à terme une réintroduction en mer. Malheureusement, aucun juvénile n’a pu être capté lors des campagnes 2019 et 2020. Ceci confirme la situation vraiment critique des grandes nacres, avec une mortalité quasi-totale autour de Monaco.Une nouvelle tentative cet hiver rassemblera tous les plongeurs La Direction de l’Environnement de Monaco, l’AMPN et le Centre Monégasque de Soins des Espèces Marines lanceront en Février prochain une nouvelle étape, s’appuyant sur l’observation participative en plongée sous-marine. De la mi-février à début avril, période durant laquelle les feuilles de posidonie sont courtes, plusieurs campagnes d’observation cibleront les jeunes nacres qui sont d’ordinaire difficiles à repérer.Cela permettra de compléter l’état des lieux en espérant trouver des individus vivants, de comprendre les facteurs de résistance et de tenter de reconstituer la population.Les plongeurs des grandes institutions de la Principauté et de la Cote d’Azur, Division de Police Maritime et Aéroportuaire, Direction des Affaires Maritimes, Compagnie des sapeurs-pompiers, Compagnie des Carabiniers du Prince, Centre Scientifique de Monaco, des clubs de plongée de Monaco et de la Cote d’Azu, ou d’intervenants privés tels que SETEC (bureau d’étude en ingénierie), sont invités à participer à ce projet aux côtés de la Direction de l’Environnement, de l’AMPN et du Musée océanographique.Leur connaissance du milieu marin et leurs compétences constituent en effet de précieux alliés pour multiplier les observations nécessaires à la sauvegarde de l’espèce. Recherche et développement pour les nacres. Ce suivi de la population des grandes nacres se poursuivra dans les années à venir et sera complété à moyen terme par un suivi de la présence du parasite. Des projets de recherche sont actuellement à l’étude pour permettre sa détection dans le milieu, notamment en repérant son ADN.Le Centre Monégasque de Soins des Espèces Marines participe, aux côtés de l’UICN, à l’animation d’un réseau d’experts méditerranéens sur les grandes nacres et développera des partenariats techniques pour participer à l’effort de recherche sur le cycle de vie des grandes nacres, lever les obstacles restant à leur reproduction en bassin et envisager les conditions d’une réintroduction en milieu naturel.L’épizootie qui touche les grandes nacres s’étend désormais à l’ensemble de la Méditerranée, son aire de répartition. Seules quelques petites zones, notamment des étangs et lagunes, abritent encore des populations de nacres. Le retour de ce coquillage majestueux dans toute la Méditerranée nécessitera un effort collectif dans chaque pays ainsi qu’à l’échelle régionale. Il reposera sur l’engagement de tous, de la communauté scientifique aux gestionnaires d’aires marines protégées, en passant par les plongeurs ou les autorités réglementaires. Une dynamique dans laquelle la Principauté de Monaco, fortement engagée dans la protection de l’environnement, souhaite s’inscrire.